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Ce qui attend l’école et les enseignants

Rentrée 2017

mardi 22 août 2017

Rentrée 2017 : Ce qui attend l’école et ses personnels (enseignants, enseignants spécialisés, psychologues, AESH)

Exception faite des CP à 12 et du décret sur les rythmes, l’arrivée d’un nouveau ministre rue de Grenelle n’a pas en apparence modifié le visage d’une rentrée dont les grandes lignes avaient été fixées par le gouvernement précédent. Cependant les premières déclarations de Jean-Michel Blanquer ne rassurent pas, aussi bien quant à la politique éducative qu’il entend mener que sur le sort réservé aux enseignants des écoles. Le point sur ce qui va changer cette année.

Du côté de l’école :

  • CP à 12 en REP et REP+ et « 100% de réussite au CP » :

2500 cours préparatoires « dédoublés » dans les REP +, c’est la mesure « phare » annoncée par Jean-Michel Blanquer censée permettre à 100 % des élèves de réussir leur CP.

Outre que ce dispositif se met en place à moyens constants sans création de postes et donc au détriment notamment du « plus de maîtres que de classes », on peut s’interroger sur sa pertinence et son efficacité. Recentrer l’apprentissage de la lecture sur l’année de CP va à l’encontre de la notion de cycle et de la progressivité des apprentissages réaffirmée dans les nouveaux programmes.

Cela s’accompagne d’une certaine conception de l’apprentissage de la lecture, basée sur la stricte correspondance graphophonologique et sur la méthode syllabique. Si l’apprentissage des sons est un des éléments fondamentaux du processus d’apprentissage de la lecture, il ne peut se suffire à lui-même quand l’objectif est de permettre à chaque élève de comprendre ce qu’il lit et d’avoir ainsi une réflexion sur le monde. Lire, c’est (aussi et surtout) comprendre.

De plus, quid des élèves des autres niveaux en REP ? Quid des écoles déclassées REP parce qu’elles n’avaient pas un collège REP "tête de réseau", alors qu’elles accueillent des élèves défavorisés ? Ils continueront à fréquenter des classes trop chargées et à se passer des RASED insuffisamment reconstitués.

Enfin, le ministre a annoncé dès cette année la mise en place d’une évaluation de l’ensemble des élèves de CP.

  • Rythmes scolaires

Le décret modifiant le code de l’éducation sur l’organisation du rythme hebdomadaire est paru au journal officiel du 28 juin 2017. Le SNUipp-FSU a voté POUR. Il offre la possibilité d’un retour à 4 jours de classe : il est désormais possible de déroger au décret « Peillon » qui cadrait la semaine scolaire avec neuf demi-journées s’organisant obligatoirement sur cinq matinées. Le précédent décret dérogatoire dit « Hamon » permettait lui un cadre de huit demi-journées mais avec l’obligation de maintenir cinq matinées de classe.

Les modalités de modification de l’organisation de la semaine scolaire restent identiques. Une proposition conjointe d’une commune (ou d’un établissement public de coopération intercommunale) et d’un ou plusieurs conseils d’école doit être adressée à l’IA-DASEN. C’est ce dernier qui autorise ou non la modification.

  • Redoublement

Le redoublement redevient possible mais garde un caractère exceptionnel. Ce qui dans les faits ne devrait pas changer grand-chose et ne donne toujours pas de mesures préventives comme par exemple une augmentation des RASED.

  • Programmes à l’école

Les programmes de maternelle de 2015 et d’élémentaire de 2016 n’ont pas été remis en question par le nouveau ministre. Ceci alors que les enseignants n’ont toujours pas bénéficié d’un accompagnement à la hauteur pour les aider à les mettre en place. Pour autant, les différentes déclarations du ministre évoquant des inflexions vers un recentrage sur les fondamentaux ou une école maternelle dédiée à un apprentissage systématisé du langage ne sont pas sans inquiéter.

  • Livret scolaire numérique (LSU)

Le carnet de suivi comme le LSU ne sont pas remis en cause. Le LSU a posé des problèmes aux enseignants : plateforme qui dysfonctionne, difficultés à rentrer les compétences, absence de garanties concernant la confidentialité des données. Et même en fin d’année, distribution aux parents d’une brochure explicative alors qu’ils ne possédaient pas de mot de passe pour se connecter.

Le SNUipp demande depuis l’an passé un moratoire. Des interrogations persistent sur l’intérêt pédagogique de cette application et sur la charge de travail supplémentaire qu’elle pourrait induire pour les enseignants.

  • Mesures de sécurité renforcées dans les écoles suite aux attentats

Les mesures de sécurité dans les écoles ont été renforcées par l’instruction commune des ministères de l’Education Nationale et de l’Intérieur du 12 avril 2017. Il s’agit essentiellement de distinguer les menaces entre risques majeurs (naturels, industriels) et attentat/intrusion. Ceci implique d’élaborer deux documents distincts...

Alors qu’il était requis d’intégrer le risque attentat/intrusion au sein du PPMS consacré à la gestion des risques majeurs, il convient maintenant de distinguer ces risques dans un PPMS spécifique.

Ce document anticipe deux situations : d’une part, l’école (ou ses abords) est ciblée par l’attentat, d’autre part l’attentat vise un établissement proche nécessitant la mise en œuvre de mesures de sécurité dans l’école. Des documents ont été conçus pour aider les directeurs/trices et leurs adjoint-es à la conception des consignes de sécurité. Le SNUipp est très sensible à la protection des élèves et des adultes présents dans l’école, cependant cette nouvelle demande se fait sans formation et sans tenir compte de la réalité du bâti des classes.

  • Les psychologues scolaires

Le nouveau corps des psychologues de l’EN est créé au 1er septembre. Les lauréats du 1er concours sont affectés en centre de formation PsyEN. Ils effectuent un stage auprès d’un psychologue tuteur en pratique accompagnée

  • Les enseignants spécialisés

Les enseignants spécialisés en formation préparent désormais la certification CAPPEI. Cette formation, commune aux 1er et second degrés se décline désormais en modules : un tronc commun (144 h), deux modules d’approfondissement (104h), un module de professionnalisation (52h). Les options disparaissent. Les futurs lauréats du CAPPEI auront accès de droit pendant 5 ans aux stages MIN pour compléter leur formation (100h). Mise en place dans la précipitation, cette réforme de la formation pose de nombreux problèmes non réglés à ce jour : identification des postes au mouvement, distinction des 2 parcours RASED, situation des enseignants déjà spécialisés, etc...

  • Plan numérique

Le nouveau plan numérique date de la rentrée précédente et reste à l’ordre du jour sur les formations en cours. Depuis le 30 mai 2017, un kit de communication est disponible. Ce sont des banques de ressources numériques éducatives à destination des enseignants de cycle 3. Les compétences numériques sont évaluées dans le cadre d’un nouveau référentiel qui se substitue à l’actuel B2i.

  • Une rentrée en musique

Le ministre a adressé une note aux recteurs dans laquelle il invite les enseignants, dès le jour de la rentrée des classes, à « proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l’année précédente, d’accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue ».

Soigner l’accueil le 1er jour ou enseigner la musique et les arts sont des préoccupations des enseignants partagées par le SNUipp, mais cette injonction ministérielle à grand renfort médiatique sonne comme une sérieuse méconnaissance du fonctionnement des écoles.

Du côté des personnels : nouvelles carrières

  • En classe normale un avancement quasi uniforme

A la rentrée 2017, les enseignant-es seront reclassés dans les nouvelles grilles. Les trois rythmes d’avancement d’échelon (grand choix, choix et ancienneté) sont remplacés par une cadence unique sauf dans les 6e et 8e échelons.

  • Accès de tous à la hors classe

Une carrière complète dans la fonction publique doit dorénavant se dérouler au minimum sur deux grades (classe normale et hors-classe). Pour l’instant, les arbitrages ne sont pas rendus sur les éléments du barème permettant de garantir à tous l’accès à l’échelon terminal de la hors-classe.

  • Création de la classe exceptionnelle

Un nouveau grade est créé, contingenté et accessible seulement à une petite minorité des professeurs des écoles. Elle concernera 10% du corps des PE promus sur une entrée « fonctionnelle » (8%) ou en s’appuyant sur le seul « mérite » (2%). Les promotions pour l’année 2017-2018 ne concerneront qu’un peu plus de 5 000 collègues. Les modalités précises d’accès seront connues après la rentrée.

  • Rendez-vous de carrière

A partir du 01/09/2017, trois rendez-vous de carrière sont organisés pour les PE aux 6e, 8e et 9e échelons avec des incidences sur l’avancement. Ils remplacent les anciennes inspections dont la fréquence et le déroulement étaient variables. La note est également supprimée.

  • Lire

Nouvelle carrière pour les PE : le détail des mesures

Porte-monnaie

  • ISAE

A cette rentrée, une partie des enseignants qui jusqu’ici en étaient écartés percevront une ISAE d’un montant de 1200 euros annuels. C’est le cas des personnels qui exercent en SEGPA, EREA et ULIS-collège. Mais pour le SNUipp, le dossier n’est pas clôt, certaines catégories d’enseignants tels que les conseillers pédagogiques, ceux qui exercent en milieu pénitentiaire ou encore les coordinateurs REP en restent exclus.

  • Indemnité d’activité de coordination et de synthèse

D’un montant de 1 765 € par an, elle se substitue aux heures de coordination et de synthèse. Cette indemnité permet de protéger les personnels d’interruptions de versement de ces heures et d’harmoniser des situations aujourd’hui très disparates. Elle sera versée aux enseignants d’ESMS (ce qui se traduit pour la plupart d’entre eux par une revalorisation), et à ceux de SEGPA, d’EREA et d’ULIS second degré.

En revanche, l’indemnité spécifique du second degré, d’un montant de 1 559 euros, versée aux personnels des SEGPA, des EREA et ULIS-collèges est supprimée. Résultat, une partie d’entre eux subira une perte de rémunération pouvant aller jusqu’à 400€.

  • Indemnité de mission particulière

L’IMP est créée pour les PE chargés de missions particulières au plan académique ou départemental. Elle devrait se monter à 1 250€ pour les animatrices et animateurs TICE. Elle sera de 2 500€ pour les enseignants référents handicap en lieu et place de leur ancienne indemnité de 929€. Pour eux, le SNUipp-FSU sera attentif à ce que le montant de 2 500€ soit bien versé à tous, dans toutes les académies.

Autres nouveautés

  • Décret sur les obligations réglementaires de service (ORS)

Le nouveau décret sur les ORS entre en vigueur :
36h d’activités pédagogiques complémentaires (APC)
48h pour les travaux en équipes pédagogiques, aux relations avec les parents, à l’élaboration et au suivi des projets personnalisés de scolarisation pour les élèves handicapés
18h pour des actions de formation continue, pour au moins la moitié d’entre elles, et à de l’animation pédagogique
6h pour la participation aux conseils d’école obligatoires.

Les nouvelles obligations réglementaires des personnels exerçant en pénitentiaire leur font perdre le bénéfice des heures de coordination et de synthèse jusqu’à présent rémunérées en heures supplémentaires.

Si les enseignants exerçant en ESMS, ULIS école et en RASED ont depuis la parution du décret les mêmes ORS (24h+108h), un arrêté est attendu concernant la déclinaison du contenu des 108 h.

  • Direction et fonctionnement de l’école

Dans de nombreux départements, les emplois d’aide à la direction d’école (AADE) seront supprimés alors que cette mission est indispensable au bon fonctionnement des écoles.

Le SNUipp-FSU est intervenu auprès du Ministère pour demander le maintien des AADE et leur transformation en emplois stables et pérennes de la Fonction Publique.

ANNONCES :
attaques contre les fonctionnaires, variable d’ajustement budgétaire

  • Augmentation de la CSG

La CSG augmentera de 1,7%. à compter du 1er janvier 2018. Le gouvernement s’est engagé à la compenser pour l’ensemble des salariés mais pour les fonctionnaires les modalités ne sont pas encore connues.

La majorité des retraités subiront pleinement cette augmentation.

  • Gel du point d’indice

Alors que le point était gelé depuis 2010, une seule revalorisation de 1,2% est intervenue en 2016. Ce gain serait tout de suite enrayé par le gel de la valeur du point, annoncé pour 2018 par le gouvernement, alors même que l’inflation repart à la hausse avec 1,8% pour 2017 et 1,7% pour 2018.

  • Jour de carence

Le gouvernement annonce pour 2018 le rétablissement d’une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie. Cette mesure revient à les stigmatiser, à baisser leur salaire et à les placer dans la situation des salariés du privé les moins protégés.

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