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Déclaration du SNUipp 94 lors du CTP du 9 septembre 2010

mardi 9 novembre 2010

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Ce premier CTP qui ouvre la rentrée se tient après une très puissante mobilisation des salariés contre le projet de gouvernement concernant les retraites.

Les enseignants y ont pris toute leur place pour revendiquer le retrait de ce projet de réforme qui, dans l’Education Nationale, alors qu’un enseignant sur deux qui part en retraite ne sera pas remplacé (ce qui a déjà permis la suppression de milliers de postes d’enseignants dont on mesure les effets chaque jour dans les classes), ne va qu’accroître la dégradation des conditions de travail.
En repoussant l’âge de la retraite (nombre d’entre nous devraient enseigner jusqu’à 65 ou 70 ans), croit-on que cela puisse être bénéfique pour les enseignants comme pour les élèves !
Quand, dans le temps le chômage s’accroît et que les jeunes, eux, devront attendre pour trouver un emploi.

Ils mesurent plus encore cette régression lorsqu’on examine les mesures de cette rentrée qui conduisent à un appauvrissement de l’Education : depuis 2002, nous avons subi la suppression de 50 000 postes, l’abandon de l’Education Prioritaire, les menaces sur l’Ecole Maternelle avec les jardins d’éveil et le recul de la scolarisation des plus jeunes (qui touche les écoles des communes les plus sensibles : Champigny, Vitry, Villejuif…) dont pourtant les recherches (en particulier celle de Bruno Suchaud) attestent qu’elle est un facteur essentiel de lutte contre l’échec scolaire, qui profite prioritairement aux enfants des familles défavorisées lors de l’apprentissage de la lecture au CP, et qui de surcroît ne respecte pas le Code de l’Education dont les articles L113-1 et D113-1 indiquent que « l’accueil des enfants de 2 ans est étendu en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé ».
C’est bien le sens de la décision de la cour d’appel de Bordeaux du 9 février 2010 annulant la décision d’un IA de refus de scolarisation des 2 ans, considérant que cette décision a été prise en « méconnaissance des dispositions des articles du Code de l’Education ».
Nous demandons donc l’application de la loi concernant la scolarisation des moins de 3 ans.

Sans oublier, la destruction de l’aide spécialisée prise en charge par les RASED, au profit d’un millefeuille indigeste pour les élèves de dispositifs dits « d’aide personnalisée » renvoyés hors du temps scolaire (aide personnalisée, accompagnement éducatif, stages de remise à niveau), toutes ces mesures qui accentuent les inégalités et font peser sur les collectivités territoriales des obligations qui relèvent de l’Etat.

S’agissant des suppressions de postes, lors du CTP de février 2010, nous avions déjà signalé que la dotation de 51 postes pour le département, serait insuffisante pour répondre aux besoins des écoles.

La rentrée le confirme puisque, si on peut se féliciter des ouvertures prononcées ces jours derniers, tout en regrettant que les décisions n’aient pas été prises en juin pour des situations qui étaient déjà connues et qui auraient permis une rentrée plus sereine pour les élèves et les enseignants, on ne peut que constater que les ouvertures n’ont pu être réalisées que par redéploiement des moyens, en fermant des classes dans d’autres écoles, parfois de façon inattendue.
Pour illustrer cette situation je prendrai le cas de l’école Maternelle Henri Wallon de Vitry.Cette école connaît une baisse d’effectifs liée à une resectorisation en cours.
Un travail d’explication et de concertation entre la municipalité et l’école avait débouché sur un calendrier qui prévoyait une fermeture pour la rentrée 2011.
Les effectifs du CTP de juin étaient identiques à ceux de la rentrée.
Aucune annonce de blocage n’avait été prononcée, ni en février, ni en juin.
L’équipe a donc préparé sa rentrée avec la préoccupation, de mettre en œuvre, dans les meilleures conditions possibles, la loi de 2005 portant sur l’intégration des élèves en situation de handicap.
En effet, pour une moyenne de 28,8, l’école scolarise 4 enfants porteurs d’un très lourd handicap : 1 en petite Section, 2 en moyenne section, 1 en GS.
Pour cette dernière, le protocole prévoit que l’enfant doit être scolarisé dans une classe à faible effectif.
Le lundi 6 septembre, quelques jours après la rentrée, le directrice apprend par l’IEN, la fermeture d’un poste et le déplacement du T1 sur une autre école de Vitry qui vient de bénéficier d’une ouverture.
Cette décision brutale de fermeture prononcée après la rentrée, ce qui ne s’est jamais produit dans ce département, ! est vécue comme extrêmement méprisante, tant pour les élèves de la classe concernée, mais aussi des autres élèves qui se trouvent, de fait affectés par cette mesure, que pour les enseignants, et en particulier la jeune collègue T1 (quelle entrée protégée dans le métier !), que pour les parents !En outre, elle compromet la scolarisation de cette enfant dont le protocole prévoit un effectif allégé.

Nous nous opposons à une telle décision, aussi, nous vous demandons, sollennellement, de revenir sur votre décision.

S’agissant des RASED, l’année passée a vu disparaître les postes des RASED (50 postes E et 8 postes G pour ce département) et pour certains d’entre eux transformés en postes dits « sédentarisés en surnuméraires » (27 pour la rentrée 2009 dont 23 ont été fermés.)

On ne peut que dénoncer les conséquences de cette décision de suppression des RASED, justifiée par le Ministère par le recours au dispositif de l’aide personnalisée qui pouvait se substituer au RASED, décision que nous avons combattue.
Qui peut croire sérieusement que c’est la réponse attendue par les enseignants et les parents pour résoudre les difficultés profondes rencontrées par les enfants !

Pour illustrer cette situation dramatique, je prendrai l’exemple du groupe scolaire Anatole France à Champigny, classé en Réseau Ambition Réussite, composé de 20 classes élémentaires, 12 classes maternelle.

A la rentrée 2009, un poste E a été supprimé, un poste « surnuméraire » implanté qui, n’étant pas pourvu, a été lui aussi supprimé.
L’an passé, environ une vingtaine d’enfants qui devraient bénéficier d’une prise en charge par le RASED n’ont pas pu être suivis.
En cette rentrée, la situation s’est encore dégradée puisque ne reste plus sur l’antenne que la psychologue scolaire., le poste E n’étant pas pourvu et le poste G, où l’enseignante est toujours en congé longue maladie, n’a pas vu de remplacement malgré nos demandes réitérées toute l’année dernière.

La situation dans un quartier d’une extrême difficulté devient explosive.
Les enfants, tout comme les enseignants sont en souffrance. La tension qui monte en est sympômatique.
Nous vous avions demandé, au regard de la situation exceptionnelle, qu’une mesure exceptionnelle soit prise et qu’à défaut d’un titulaire de l’option E, un faisant-fonction volontaire soit nommé de toute urgence.
Nous nous félicitons que cela ait pu être le cas sur d’autres écoles, mais nous ne comprendrions pas que cela ne le soit pas pour ce groupe scolaire, comme pour d’autres situations extrêmement difficiles : comme à Valenton, Vitry ou sur la 17ème circonscription.


Enfin, je ne peux conclure cette intervention sans évoquer les mesures concernant la réforme de la formation des enseignants dite « mastérisation » qui place des PES dans des écoles difficiles, (7 dans une même école dans la ZEP de Champigny).

Pour nous, faire réussir tous les élèves est un engagement quotidien.
Cela nécessite que les moyens en soient donnés aux enseignants.

Nous vous demandons donc de revenir sur vos décisions de fermeture, d’ouvrir les classes nécessaires et de pouvoir les postes E restés vacants, à défaut de spécialistes de l’option, par des faisant-fonctions volontaires.

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