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Des AESH du Val-de-Marne s’adressent au ministre

lundi 17 février 2020

Des AESH du Val-de-Marne s’adressent au ministre après son interview du 11 février sur Vivre FM où il affirme « Nous voulons plus d’AESH avec plus d’heures. Mieux recrutés, mieux payés et mieux formés ! »

Cliquez sur l’image pour écouter l’interview du ministre

Créteil, le 16 février 2020

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,  

Suite à votre interview (mardi 11 février sur Vivre FM, jour de la Conférence Nationale sur le Handicap), que vous vouliez “rassurante”, vous n’avez fait malheureusement que renforcer notre grande inquiétude sur notre situation. 

En effet, vos propos et notre situation sont si éloignés que manifestement vous n’avez aucune connaissance de ce qui se passe dans vos académies et plus précisément dans le Val de Marne, Académie de Créteil, où vous avez été Recteur entre 2007 et 2009 ! 

Nous nous permettons donc de vous faire part
de notre réelle situation et expérience.
 

Certes nous avons signé un CDD de 3 ans, mais celui-ci est toujours à temps partiel exagéré puisque nous effectuons seulement 21 heures auprès des élèves en situation de handicap par semaine, alors qu’ils passent 24 heures en classe. Même les AESH qui exercent en ULIS n’ont pas toutes un contrat de 24 heures leur permettant d’être dans ce dispositif et accompagner les élèves en temps partagés sur la totalité de leur temps à l’école. Vous contribuez donc à réduire encore un temps partiel déjà subi et non désiré, qui nous oblige souvent à faire un ou deux petits emplois en plus, afin de gagner des revenus décents. 

Notre formation et l’accompagnement mutualisé :
une “démarche qualitative et pragmatique” ?

Concernant l’accompagnement mutualisé, sachez que dans notre département, il y a 46 Pôles inclusifs mais que la mutualisation (localement appelée “redéploiement”) nous est imposée, ainsi qu’aux élèves en situation de handicap, quel que soit leur profil et besoin, faute de personnel disponible. C’est une forme bien réelle de gestion de la pénurie, que vous déguisez dans vos propos de “réorganisation et gestion depuis le terrain”. Nous nous retrouvons donc à accompagner plusieurs élèves dont les types de handicaps ne sont pas compatibles pour les regrouper sereinement, et à nous de faire au mieux, afin que chacun trouve sa place et progresse... mais ne parlons pas du résultat ! 

Pire maintenant : vous annoncez une généralisation des Pôles inclusifs à la rentrée 2020 ! L’exemple que vous donnez d’ailleurs pour illustrer cela est tiré par les cheveux : “il vaut mieux une personne avec un groupe de trois enfants, que trois personnes avec trois enfants”. La mutualisation sert bel et bien à faire des économies et pas à “mieux organiser l’accompagnement” comme vous le prétendez. 

Nous vous invitons à venir sur le terrain, Monsieur le ministre, car des détails vous ont échappé. Venez observer les situations extrêmement difficiles et la souffrance des élèves en situation de handicap, des AESH (quand il y en a), enseignant.es et élèves des classes ordinaires face à la pénurie de personnel ; venez rencontrer des familles dont les enfants ne sont pas scolarisés malgré la notification MDPH, “faute de recrutement”. Le journaliste vous indique que les familles sont mécontentes de cette forme de mutualisation, votre réponse est teintée de mépris et manque d’humanité.

Certainement qu’une formation, sans même parler de sa qualité, nous permettrait de gagner en efficacité ! Mais là encore... vous vous méprenez : vous parlez d’“avancées très importantes” et dites que vous avez “garanti en 2019, que tous les AESH avaient une formation de 60 heures”, que nenni ! 

Après plusieurs années d’exercice, nous n’en avons pas tous et toutes vu la couleur ! C’est donc bien une méconnaissance totale de la réalité du terrain qui est révélée ici : soyez rassuré, nous souhaitons effectivement une formation de qualité, diplômante, professionnalisante, mais pas à n’importe quel prix ! Le métier d’AESH et le travail en commun avec les enseignant.es méritent bien plus qu’une plateforme numérique (Cap école inclusive), des recherches internationales et des outils d’auto-évaluation (Qualinclus) imposés sans consultation préalable ni moyens conséquents. Nous avons besoin de temps dédié à la formation, aux échanges sur les pratiques et concertation ; du temps de formation adaptée aux types de handicap des élèves que nous accompagnons.

Enfin vous souhaitez “stabiliser les AESH” et surtout en recruter davantage en faisant en sorte que nous ayons une “véritable carrière” au sein de l’Education Nationale. Mais quelle carrière ? Avec quelles évolutions ? Qui choisira un métier rémunéré à 715€ net par mois (eh oui c’est bien ce que l’on gagne dans le Val de Marne !). Sans augmentation du salaire de base, et de la quotité de temps de travail, notre métier ne sera pas attractif. 

Et nous ne parlons même pas de la pension que nous toucherons à la retraite car la plupart d’entre nous sommes des femmes et nous serons doublement pénalisées dans la logique de l’actuel projet de réforme des retraites !!! 

Monsieur Blanquer, nous vous invitons solennellement aujourd’hui à venir nous rencontrer dans le Val-de-Marne

Pour échanger sur ce que seraient réellement des avancées très importantes et de vrais progrès dans notre métier, pour les élèves en situation de handicap, au service de l’école inclusive et d’un service public d’Education de qualité. 

Dans l’immédiat votre interview nous plonge -encore une fois- dans une grande colère car le décalage entre vos propos “l’école inclusive est vraiment une réalité… bon pour tout le monde” et la réalité du terrain est énorme et connu du grand public. Nous exigeons un traitement digne, respectueux et de qualité vis à vis des personnels et des élèves dans l’école inclusive à laquelle nous sommes attachées. 

Des AESH du Val de Marne. 

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