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Déclaration liminaire de la FSU au Comité Technique de l’Académie de Créteil

lundi 27 janvier 2020

Créteil, le 27/01/2020

Déclaration liminaire de la FSU au CTA de l’Académie de Créteil

Le projet de réforme de retraite par points est toujours rejeté par une large majorité de la population après plus de 50 jours de grève. Depuis le 5 décembre, notre pays est engagé dans un conflit social d’une ampleur exceptionnelle avec des manifestations et des actions y compris pendant toute la période de fin d’année. Cette réforme idéologique est une profonde remise en cause de notre modèle social et va paupériser l’immense majorité des salarié·es contrairement ce que veulent nous faire croire nos dirigeant.es.

En prétendant qu’il est indispensable de faire une réforme des retraites pour les générations futures, le gouvernement évite soigneusement le vrai débat que nous devrions avoir au sujet de la répartition des richesses produites en France. Ce projet est relativement simple à résumer : il consiste à nous faire travailler plus longtemps, en raison notamment de l’instauration d’un âge pivot, provisoire ou pas cela ne change rien, pour une pension plus faible et potentiellement fluctuante en fonction de la valeur du point.

Au ministère de l’Éducation, la réforme, de l’aveu même du ministre ferait subir aux personnels de notre ministère des pertes inacceptables si elle était appliquée en l’état. L’abandon du calcul sur les six derniers mois aura pour effet de niveler nos retraites par le bas en nous faisant perdre plusieurs centaines d’euros. Nous refusons tout dispositif basé sur la mise en place d’un système calculé sur l’ensemble de la carrière qui, de surcroît, désavantagerait les femmes qui ont recours le plus souvent au temps partiel, font moins d’heures supplémentaires et touchent moins d’indemnités (IMP, ISOE) que les hommes. Quant aux enseignants du 1er degré, intégrer le calcul des primes ne permettrait aucune amélioration puisqu’ils n’en ont pas ou si peu…

Nous avons aussi un désaccord sur la volonté du ministre de faire le lien entre le sujet des retraites et celui des salaires. La revalorisation de nos métiers est un sujet urgent et qui doit être traité indépendamment de la question des retraites. De plus, les compensations indemnitaires tant vantées par le gouvernement ne pourraient dans le meilleur des cas, que nous permettre de perdre autant que les autres fonctionnaires, c’est-à-dire plus de 10 % de nos pensions.

Alors que la publication des cas types n’est pas de nature à rassurer les personnels, le Conseil d’Etat vient de donner raison aux enseignants et organisations syndicales mobilisées malgré les promesses de M.Blanquer : l’engagement du gouvernement de revaloriser les enseignants par le biais d’une Loi de programmation est battu en brèche puisque anticonstitutionnel ! La FSU continue de revendiquer une revalorisation de tous les agents de la FP par l’augmentation de la valeur du point d’indice et la déconnection avec la question des retraites !

Le gouvernement porte la responsabilité pleine et entière de la situation sociale actuelle. Il doit arrêter de jouer le pourrissement et retirer son projet de retraite par points.

Nos organisations, dans un cadre syndical interprofessionnel majoritaire, appellent à nouveau à des mobilisations mercredi 29, jeudi 30 et vendredi 31 janvier 2020 .

Le sujet des retraites n’est pas le seul point de contestation dans notre secteur. En effet, la mise en place des E3C, acte 1 de la réforme du bac, suscite un rejet profond de l’ensemble des enseignant.es et plus généralement de l’ensemble des personnels. Dans les nombreuses prises de position qui remontent des lycées de l’académie, les collègues expriment le rejet de la mise en place d’épreuves locales, où d’un établissement à l’autre, les sujets, les dates des épreuves, les conditions de passation diffèrent. Ils et elles exigent que soit rétabli un véritable bac national, avec des épreuves nationales, terminales, ponctuelles, anonymes, et donc que soient abrogées les réformes du Bac et du lycée. 

Indépendamment de notre opposition au contrôle local, raison principale de notre opposition, les conditions pédagogiques sont inacceptables : les élèves déjà accablés par des programmes trop chargés, sont en évaluation permanente, les professeurs ont connu beaucoup trop tardivement la nature des épreuves. Les conditions de travail des enseignants sont indignes : absence de temps spécifiques de concertation, corrections dématérialisées, non sérieusement rémunérées…

Et contrairement aux propos insupportables du Ministre, NON ces épreuves ne se déroulent pas bien ! Au regard du nombre d’établissements déjà mobilisés, il va être de plus en plus difficile de faire croire que seule une “minorité radicalisée” s’oppose au “bac Blanquer”. Au passage, l’utilisation par notre Ministre du terme "radicalisé", identique à celui utilisé pour désigner les membres d’organisations terroristes telles DAESH, laisse peu de possibilité de restauration d’un respect minimum permettant une discussion constructive. JM Blanquer choisit donc volontairement l’affrontement avec l’immense majorité de ses agents enseignants, et non 0,1% de ceux-ci.

Notre CTA a pour ordre du jour la répartition des « grandes masses » pour notre académie de Créteil, toujours soumise à une augmentation importante de la démographie scolaire, la dotation ministérielle pour la rentrée 2020 est encore marquée par la dégradation des conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves dans les établissements scolaires, et en particulier dans les collèges et lycées de notre académie. Nous faisons toujours face à une politique d’austérité assumant la ligne du comité action publique 2022 mis en œuvre par le gouvernement, qui a pour objectif principal de procéder à une réduction drastique des dépenses publiques.

Dans le second degré le taux d’encadrement continue de baisser, dans les 3 départements, que ce soit au niveau des lycées ou des collèges, le nombre de personnels non enseignant reste quasi constant malgré les hausses toujours importantes du nombre d’élèves. Ce constat nous amène à nous opposer à ce budget qui ne répond pas à l’ambition d’un service public d’éducation à la hauteur des enjeux des territoires de notre académie.

Ce sont principalement les lycées qui en raison de la mise en place de la réforme sur les 3 niveau, voient les conditions d’accueil des élèves se dégrader. Ainsi, alors que les effectifs augmentent de 1100 élèves dans les LGT (la taille d’un lycée de 11 secondes), aucun moyen en plus ! Même pire, 18 équivalents postes sont supprimés, pour être remplacés par des heures supplémentaires. Vous nous disiez Monsieur le recteur, que la réforme du lycée n’était pas faite pour économiser des moyens : la preuve ! avec plus 1000 élèves de prévus en lycée, il fait l’économie à Créteil, de l’équivalent de la DHG d’un lycée complet : donc l’équivalent de 80 équivalent temps pleins en moyenne !

Dans les lycées professionnels, la réforme génère déjà de nombreuses difficultés, comme en témoignent les remontées reçues et l’enquête intersyndicale menée auprès de la profession à l’automne dernier. Ces difficultés ne pourront que se renforcer avec la montée en puissance de la réforme en septembre 2020 car le ministre reste sourd et aveugle. 

À l’alerte sur les risques psycho-sociaux déposée en CHSCT ministériel, il répond avec deux mois de retard en renvoyant au Comité de suivi et aux séminaires prévus dans le schéma directeur de formation. Le Comité de suivi n’a encore formulé aucune préconisation concrète que le ministre lui demande poursuivre « la communication sur le sens global de la réforme pour en faciliter l’appropriation » et de promouvoir le « travail en équipe dans les établissements à travers le conseil pédagogique ». Pire, il compte enjoindre les IEN à diffuser les bonnes pratiques via la création de banques d’idées. La FSU et le SNUEP-FSU combattront les injonctions pédagogiques et rappellent qu’aucune obligation d’abonder ces banques d’idées n’incombe aux PLP.

Le ministre n’est plus à une contradiction près : devant la faiblesse des élèves en français et mathématiques, il demande d’utiliser des heures de consolidation alors même que sa réforme supprime des heures dans ces deux disciplines. Pour la FSU et le SNUEP-FSU, les heures de co-intervention, de chef-d’œuvre et de consolidation doivent être transformées en heures disciplinaires pour les enseignements généraux et professionnels. L’annonce d’une Conférence nationale sur les diplômes de la voie professionnelle devant boucler ses travaux dans moins de 6 mois laisse craindre de nouvelles détériorations ou affaiblissement des diplômes de la voie professionnelle, impactant les élèves et les personnels. La FSU et le SNUEP-FSU continuent partout de porter la parole des PLP et sa vision de la formation professionnelle initiale.

Par ailleurs la FSU dénonce les effets de la TVP dans notre académie qui se traduit par la suppression 18 postes et transformation de 14 ETP en HSA, au moment où plusieurs centaines d’élèves sont attendus à la rentrée 2020. Cette action sur les grandes masses va alourdir les conditions de travail des enseignants et dégrader le taux d’encadrements des élèves avec un H/E en baisse. Sans surprise la discipline GA fait les frais d’une carte de formation au rabais.

Concernant l’Éducation Physique et Sportive dans les collèges et lycées de notre académie, le SNEP-FSU tient à rappeler que la dégradation des conditions d’apprentissages liées à la hausse des effectifs dans les classes se conjugue à une politique globale du gouvernement qui renvoie au local (dans les établissements scolaires et les collectivités) et aux individus (élèves et familles) la responsabilité de sa réussite. L’ambition portée par la stratégie d’impulsion académique témoigne d’ailleurs de la faiblesse de cette orientation, malgré les quelques dizaines de projets locaux accompagnés par la DAASOP.

De même, les journées “réforme lycée EPS” organisées par l’inspection pédagogique régionale ces derniers jours montrent les contradictions de cette politique inégalitaire. Quand on voit que le cadre national impose 8 points sur 20 au futur baccalauréat qui ne seront pas liés aux acquis moteurs dans les Activités Physiques Sportives et Artistiques enseignées, mais à un “savoir s’entraîner” et des “rôles sociaux” rabaissant l’exigence des attendus à des caractéristiques comportementalistes, nous prenons peu de risque à envisager une évaluation là-encore locale et individuelle, non référée à un cadre national. A quelques jours d’une “Semaine Olympique et Paralympique” (du 3 au 8 février prochain) que le ministère présente comme « un moment clé pour éveiller les élèves aux bienfaits de la pratique sportive régulière et d’appréhender les valeurs citoyennes et sportives », les annonces semblent éloignées de la réalité quotidienne des professeurs d’EPS de notre académie. Le SNEP-FSU portera, avec l’ensemble des collègues dans les 3 départements dans les Conseils d’Administration et les CTSD, les demandes de création de postes et les heures spécifiques (heures non-nageurs, options EPS, sections sportives,...) nécessaires à l’accès et la stabilisation des apprentissages visés pour l’ensemble des élèves, et notamment les plus éloignés de la pratique à savoir ceux des quartiers populaire et les filles.

Dans le premier degré, nous notons le maintien de l’inflexion donnée depuis la rentrée 2018, si malgré tout le taux d’encadrement augmente dans le 1° degré pour le 93 et le 94 ce n’est pas le cas du 77. De plus nous savons que cette augmentation illustre la politique de dédoublement dans les REP et REP + et ne reflète pas la qualité d’encadrement de l’ensemble des niveaux. La baisse démographique dans le 1er degré, moindre que ce qui était prévue à la rentrée 2019, aurait pourtant permis d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants. Et même si la dotation en poste de notre académie est la plus importante de France, elle est bien en deçà des besoins réels des écoles et ne permettra pas de mettre en place les directives ministérielles tout en maintenant les seuils dans les niveaux de classe non concernés, améliorant les quotités de décharge de direction, renforçant les RASED et renforçant les pôles remplacement !

Par ailleurs de nombreuses écoles attendent les AESH nécessaires afin de garantir les droits des élèves notifiés par la MDPH… et encore de trop nombreux.ses AESH attendent de faire valoir leurs droits, parfois même leur droit à être payé.e.s pour le travail qu’ils.elles effectuent depuis plusieurs mois après la modification de leur contrat.

Les enseignants du 1er degré, comme leurs collègues du secondaire, rejettent massivement les injonctions anti-pédagogiques imposées par le Ministre : mercredi dernier, ils lui ont fait savoir en envoyant valser les livrets d’évaluations CP au Ministère !

Enfin, si nous nous félicitons que le suicide de notre collègue Christine Renon soit reconnu comme accident du travail, nous regrettons que l’enquête de l’IGEN que vous avez diligentée suite à ce drame n’ait pas permis de comprendre en quoi la politique du Ministère et les réformes incessantes ont pesé dans la décision de passage à l’acte de notre collègue. Tout a été fait pour éviter d’incriminer l’Institution et pour imputer ce suicide à une conjonction de désagréments locaux…

Le chantier sur la Direction d’école a été lancé dernièrement. Il fait suite à une enquête réalisée auprès d’environ 29 000 directeurs et directrices d’école partout en France. Les résultats de cette enquête sont à l’image de ce que le SNUipp-FSU et ses représentants portent depuis bien longtemps : comme l’ensemble des enseignantes et des enseignants, les directrices et les directeurs réaffirment la nécessité de ne pas être considérés comme des exécutants, mais bien que leur expertise et leur implication au service des élèves soient reconnues. Ils ont besoin de temps de décharge supplémentaire pour remplir leur mission dans de bonnes conditions, de personnel supplémentaire pour gérer des tâches d’accueil et de secrétariat et, si l’exigence d’une meilleure reconnaissance de la fonction est réclamée, il est à noter que les personnels marquent une nouvelle fois leur opposition à un statut spécifique, moins de 10% évoquant cette opportunité.

Il est grand temps d’entendre ceux qui font l’école, les enseignants !

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