Retour accueil

Vous êtes actuellement : Retraite 


Lettre du ministre : le gouvernement aux abois face à une mobilisation historique !

mercredi 4 décembre 2019

Lettre du ministre Blanquer :
UN GOUVERNEMENT AUX ABOIS
face à une mobilisation historique !

Ministre de l’éducation nationale dans un gouvernement aux abois, Jean-Michel Blanquer s’est adressé par mail à l’ensemble des PE pour les convaincre du bien-fondé de la réforme des retraites par points.

Le SNUipp-FSU 94 y répond

  • « Une règle simple et juste : un euro cotisé dans le système apportera les mêmes droits. »

Comme l’a justement souligné l’économiste Thomas Piketty sur France Inter le 3 décembre, c’est faire fi des différences d’espérance de vie : « Quand vous avez des ouvriers qui vont vivre à la retraite dix ans de moins que les cadres supérieurs et que l’on oublie comme par hasard de prendre ça en compte dans le calcul des taux de cotisation et de remplacement, l’arnaque est quand même un peu énorme, parce qu’au final, ce sont ceux qui vont vivre 10 ans de moins qui vont cotiser pour ceux qui vont vivre 10 ans de plus. »

  • « Le nouveau système de retraite sera un système de répartition, comme aujourd’hui, basé sur la solidarité entre les générations »

C’est vrai sauf que la baisse drastique des pensions poussera inexorablement ceux et celles qui en auront les moyens vers la capitalisation pour obtenir un complément de retraite.

  • « Nous inscrirons dans la loi la garantie que la valeur du point ne pourra pas baisser ; ainsi nous garantirons le niveau des pensions et le pouvoir d’achat des retraités »

Le ministre parle de "la valeur du point" et non des valeurs du point alors que le gouvernement disposera de 2 leviers pour faire varier (baisser) le montant des pensions : jouer sur la valeur d’achat du point (conversion des cotisations retraite en points tout au long de la carrière, valeur fixée à 10 € le point pour pour 2025) et sur la valeur de service du point (conversion au moment du départ en retraite des points accumulés en montant annuel brut de pension, valeur fixée à 0,55€ le point pour 2025). Et pour réviser annuellement ces valeurs, pour baisser les pensions, plus besoin de recourir à la loi donc plus de contestation possible. C’est aussi cette volatilité des valeurs du point qui rend impossible la prévision plusieurs année à l’avance du montant de la pension que chacun percevra.

  • « Nous mettrons en place un minimum de pension à 1000 euros par mois pour ceux qui ont une carrière complète »

Seulement pour les carrières complètes, donc uniquement pour ceux et celles qui auront cotisé au moins pendant 165 trimestres… alors que l’entrée dans la vie active est de plus en plus tardive, les carrières de plus en plus hachées en particulier pour les femmes…

  • « Ils (les fonctionnaires) cotiseront dorénavant sur toute leur rémunération, y compris sur leurs primes »

Parlons en ! Cette mesure est particulièrement défavorable aux PE qui perçoivent comparativement à l’ensemble de la fonction publique très peu de primes (les primes représentent en moyenne 8 % du salaire brut pour les PE contre près de 30 % pour les fonctionnaires d’État non enseignant-es). Combinée à la limitation à 14 % de la part du PIB consacrée aux retraites et à la prise en compte de l’ensemble de la carrière en lieu et place des 6 derniers mois, cette mesure entraînera une baisse drastique des pensions, jusqu’à 900 € pour les PE !

  • « Nous étendrons à la fonction publique la reconnaissance de métiers pénibles »

Le rapport Delevoye évoque en effet un hypothétique compte pénibilité permettant, au mieux, d’anticiper son départ de 2 an mais sans préciser qui sera concerné… Cela existe déjà dans le secteur privé mais est peu suivi d’effets et ne concerne que le travail pénible physiquement (travail de nuit, travail posté, port de charges lourdes). Qui peut sérieusement croire que Blanquer ou Macron redonneraient en quelque sorte aux PE le statut de "catégorie active" des instituteurs, alors que les mêmes affirment que les enseignants ne travaillent pas assez ou ont trop de vacances ?

  • « Le Gouvernement s’est engagé à ce que la mise en place du système universel s’accompagne d’une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique »

De combien ? 10€, 30€ par mois... ? Comme la dernière "revalorisation Blanquer" qui n’était en réalité que les mesures PPCR que ce même gouvernement avait lui même repoussées d’un an ?

Il faudrait des augmentations de salaire de 30%, soit d’au moins 600€ mensuels en début de carrière et proportionnelles pour les autres échelons, pour que cela "permette un même niveau de retraite pour les enseignants"... Mais il faut bien lire la suite : "que pour les corps équivalents de la fonction publique" : nous voilà donc rassurés, nous serons tout autant maltraités que tout les autres fonctionnaires !!!

Et encore ce calcul vaut-il pour toute une carrière "revalorisée" : si les carrières étaient toutes "transformées en points" le 1er janvier 2025, comme cela est prévu dans le rapport Delevoye, même une revalorisation massive mais tardive n’aurait qu’un effet très limité.

Enfin, le président a clairement conditionné toute revalorisation salariale des enseignant-es à une augmentation de notre temps de travail et en particulier à une réduction de nos vacances scolaires, à l’image des cinq jours de formation obligatoire sur temps de vacances rémunérée en supplément. Aussi, il ne pourrait s’agir d’une revalorisation globale, mais de primes conditionnées à des missions, comme la prime pour l’éducation prioritaire attribuée au mérite ou la fonction de directeur qui serait revalorisée en échange d’un statut hiérarchique. Cela entraînerait en réalité une explosion des inégalités à l’intérieur même du monde enseignant, basée sur une gestion des carrières «  à la tête du client  » et contraignant à la docilité. C’est ainsi à un véritable chantage que se livre le gouvernement, le choix entre la peste et le choléra : d’un côté, une nouvelle dégradation de nos conditions de travail dans un contexte déjà plus que tendu, de l’autre une retraite fortement dégradée qui vouerait nombre d’entre nous à vieillir dans la précarité.

Cliquez sur l’image pour lire la lettre du ministre

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Visiteurs connectés : 8


SNUipp-FSU 94, Maison départementale des Syndicats,
11/13 Rue des Archives, 94000 CRÉTEIL (M° Créteil Préfecture)

Téléphone : 01 49 56 97 10

CAPD (carrières et questions individuelles)
Emmanuelle Jollet : 06 30 84 20 25
Thierry Guintrand : 06 60 21 22 19
Julia Andres : 07 67 70 35 02

CTSD (carte scolaire et questions collectives)
Cyrille Micheletta : 06 34 60 15 83
Marion Fouret : 06 75 00 42 02
Dominique Angelini : 06 20 54 36 61
Claudia Faddeeff : 06 07 44 45 64

CHSCT (sécurité et conditions de travail)
Cécile Quinson : 06 26 30 36 09
Marie Plaza : 06 50 53 81 78

CAAS (commission académique d’action sociale)
Patrice Leguérinais : 06 10 13 74 31

AESH (commission départementale AESH)
Magalie Trarieux : 07 83 85 68 70

Courriel : snu94@snuipp.fr

La section est située au 5ème étage, bureau 518