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Déclarations du SNUipp et de la FSU au CTA (comité technique académique) de l’académie de Créteil, vendredi 4 octobre

vendredi 4 octobre 2019

Déclaration SNUipp-FSU

Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans, elle était directrice à l’école Mehul de Pantin. Elle s’est donné la mort au sein de son établissement scolaire et a été retrouvée lundi 23 septembre avant le début des classes par la gardienne de l’école. L’Institution a bien tenté d’évoquer des difficultés personnelle : malheureusement pour elle, heureusement pour nous tous, ses collègues et pour l’école publique, elle avait anticipé cette basse manœuvre et pour la contrer, elle avait pris soin d’envoyer un courrier à son syndicat, le SNUipp-FSU 93 ainsi qu’à toutes les directions d’école de la ville de Pantin.

Dans ce courrier elle détaille ce qui l’a poussé à ce geste désespéré : l’empilement de tâches chronophages et sans rapport avec le travail réel, les injonctions contradictoires, la valse incessante des réformes et programmes, l’abandon de la hiérarchie dans la gestion de conflits de plus en plus prégnants avec les familles comme avec les partenaires institutionnels… Elle exprime la perte de sens du métier qu’induit le « nouveau management public » que vous imposez.

Son courrier a bouleversé tous les professeurs des écoles car c’est notre quotidien qui y est décrit. Notre impuissance aussi à toujours assurer correctement nos missions. Il réveille ce que d’habitude trop de nos collègues taisent et tentent d’enfouir : la souffrance au travail.

Nous voulions porter ces éléments à votre connaissance M. Auverlot, puisque jusqu’à hier où vous avez ENFIN évoqué notre collègue et présenté vos condoléances dans un courrier adressé aux seuls enseignants, votre silence a été pour nous tous assourdissant. Vous avez laissé l’école Mehul rouvrir dès le mardi 24/09 et de l’aveu même des collègues et parents d’élèves l’aide psychologique mise en place suite au drame est très loin d’être à la hauteur !

Vous avez même eu ce qui s’apparente au mieux à de l’indélicatesse, au pire à de la provocation en appelant les enseignants à un moment de recueillement suite au décès de Jacques Chirac !

Dans la lettre ouverte que les SNUipp 77/93/94 vous ont adressée, et à laquelle vous n’avez toujours pas daigné répondre, nous nous adressions à vous en ces termes :

Nous venons de recevoir votre message nous invitant à organiser un moment de recueillement lundi 30 septembre, à la mémoire de l’ancien président Jacques Chirac.

Comme vous ne semblez pas le savoir, les sections départementales du SNUipp-FSU 77, 93 et 94 ont l’honneur de vous informer que les enseignant·e·s sont en deuil.
En deuil de leur collègue directrice Christine Renon, qui s’est donné la mort dans son école, la maternelle Méhul à Pantin, il y a une semaine, en laissant un courrier qui ne souffre aucune ambiguïté : ce sont bien les conditions d’exercice de son métier, imposées par l’institution, qui sont à l’origine de son geste.

Nous sommes en deuil, sans qu’aucun mot de votre part ne nous soit parvenu. Nous en sommes meurtri·e·s.

Hier, les enseignants de l’Académie se sont massivement mobilisés pour rendre hommage à Christine Renon. Juste derrière la tristesse, il y a la colère et vous, comme M. Blanquer, seriez bien inspirés de l’entendre !

Au lieu de cela M. Blanquer profite du suicide de Christine pour ressortir son projet de statut pour les directions d’école du 1er degré !!! Si Christine était syndiquée au SNUipp, ce n’était pas pour « réclamer un nouveau statut », mais au contraire pour affirmer que pour rompre l’isolement dont les directeurs et directrices sont victimes, il faut entre autre donner du temps au conseil des maîtres plutôt que l’empêcher de travailler à force d’injonctions...

Il faut que vous compreniez et que vous transmettiez à M. Blanquer que le suicide de Christine est un électrochoc pour nous, que nous nous sommes reconnus dans sa lettre et que celle-ci nous oblige à tout mettre en œuvre pour redonner sens à notre métier. Il faut que vous compreniez que c’est l’absurdité de vos prescriptions qui vient percuter de plein fouet notre conscience professionnelle ! Que l’écart chaque année plus abyssal entre notre travail réel et le travail que vous prescrivez est une violence inouïe subie par les enseignants, violence accentuée par une communication ministérielle aux antipodes des réalités du terrain : cette violence nous tue !

Le SNUipp-FSU sera aux côtés des collègues afin de construire ensemble la transformation nécessaire de nos conditions de travail ! Le premier geste fort que nous vous demandons, Monsieur le Recteur, est que vous reconnaissiez comme cela est dans votre pouvoir et sans commission de réforme, le suicide de Christine Renon, comme imputable au service.

Déclaration FSU proposée aux autres syndicats et en communiqué de presse, au sujet des suicides en général et des conditions de travail

La casse des collectifs de travail, la mise en place du néo management, des personnels d’encadrement sans formation en matière de RPS et une culture de l’évaluation permanente et des projets qui mettent les agents en concurrence, conduit à une détresse chez nos collègues.

Au moins 12 suicides en 2 ans touchant notre académie : des enseignants du premier et du second degré, personnels gestionnaire, des titulaires, des stagiaires, des contractuels.

Les 7 enquêtes suicides depuis 2017 ont mis en évidence les souffrances des collègues au travail, laissées sans réponses et ont amené à de nombreuses préconisations faites à l’employeur. Cela n’a pas amené à un changement de politique flagrant et d’accompagnement des personnels toujours ignorés, quand ils sont en proie à des difficultés et en situation de travail empêché.

Les directives ministérielles, rectorales et académiques se superposent, sans jamais faire le lien avec les professionnels de terrain pour les mettre en cohérence, en vérifier la faisabilité … elles cassent les collectifs et demandent toujours de faire plus avec moins. Cette marche forcée de réformes rejetées par la profession, via les instances paritaires ministérielles comme académiques ou départementales, contraint de nombreux collègues à mettre en œuvre sous la pression hiérarchique des mesures qui heurtent leur professionnalité, voire qui bafouent leurs valeurs humaines et professionnelles.

N’ayant pas assez de temps pour mener à bien des tâches sans fin, d’une manière qui les satisfasse, les professionnels de l’éducation nationale, soucieux du travail bien fait pour un bon fonctionnement de leur école, de leur établissement, de leur service, pour les élèves, pour les familles, réagissent en y consacrant encore plus de temps, et souvent au-delà du raisonnable. Un tonneau des Danaïdes qu’on remplit de moins en moins vite avec la promesse de se reposer quand il serait plein.
Mais un jour, il finissent par atteindre leur point de rupture dans des environnements qui ne cessent de se dégrader. Ils essaient de se sauver tout seul… mais craquent dans la solitude.

Quelle est la réponse de l’institution face à ces souffrances au travail qui peuvent aller jusqu’à tuer ? La casse des CHSCT !

En espérant que le fait de "casser le thermomètre" permettra d’éviter de dire que "la bête est malade" ?

Nous dénonçons la volonté de suppression des CHSCT dans la fonction publique, et la mise en place d’un comité de suivi annoncé par le ministre Blanquer hier matin ne peut nous convenir, surtout si il est instrumentalisé pour faire donner un statut de supérieur hiérarchique aux directeurs d’école, ce à quoi la FSU s’oppose.

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