Retour accueil

Vous êtes actuellement : Action syndicale  / SNUipp 94 


Lettre ouverte du SNUipp-FSU 94 à la DASEN du Val-de-Marne

Des "interprétations erronées" Madame la Directrice académique, vraiment ?

lundi 22 avril 2019

Des « interprétations erronées » Madame la DASEN, vraiment ?
Lettre ouverte du SNUipp-FSU 94 à la DASEN du Val-de-Marne

Madame la Directrice académique,

Suite à la conférence de presse intersyndicale du 16 avril réunissant directeurs du département contre la loi Blanquer et les syndicats enseignants SNUipp-FSU, Snudi-FO, SUD-Education et CGT-Educ’action, vous vous êtes adressée à la presse à travers une interview dans le Parisien, parue le 18 avril. Cette interview est donc une réponse qui nous est adressée.

Madame la DASEN, le contenu de cet entretien nous a interpellé, tant sur la forme que sur le fond.

Minorer ainsi la mobilisation - « Ils ne sont que 250 sur les 615 directeurs que compte le département, il faut relativiser cette mobilisation » - ne permet pas de retisser un lien de confiance auquel vous dites par ailleurs aspirer. Qualifier publiquement plus de 40% (pour l’instant) des directeurs du département, de vecteurs « d’interprétations erronées du texte » vous place en porte-à-faux en tant que supérieure hiérarchique des personnels.

On retrouve dans vos propos, néanmoins avec plus de retenue, le ton employé par le ministre à plusieurs reprises : « bobards », « intoxications », « fake news »… Mais du côté des enseignants, où sont les « intox », « fake news » ou « interprétations erronées du texte » ?

La disparition de fait des directeurs et des conseils des maîtres dans les écoles qui seraient concernées par un EPSF ? Elle est inscrite dans le projet de loi, puisque les missions du ou des directeurs des écoles du « bassin de vie » concerné seraient transférées au principal du collège, secondé par un principal adjoint chargé du premier degré.

Le cadeau fait aux maternelles privées sous contrat ? Il est dénoncé par un collectif d’associations laïques,telle que la Ligue de l’Enseignement, et est reconnu par les représentants de l’enseignement privé lui-même. Il s’agit de l’extension des lois Debré et Carle aux écoles privées scolarisant des enfants de 3 à 6 ans, par le biais de la scolarisation obligatoire dès 3 ans : le projet de loi aurait pu éviter ce nouveau cadeau fait au privé et ainsi rouvrir un nouvel épisode de la guerre scolaire. Il n’en est rien.

Le fait que des étudiants, et non plus seulement des stagiaires ayant réussi le concours, seront utilisés pour assurer des remplacements ? Ils pourront pourtant être seuls devant une classe dès le M1 et encore plus en M2, le concours étant placé en fin de M2 selon les déclarations du ministre lui-même : c’est bien la fin du statut d’EFS qui est dès lors planifiée.

Par contre, certaines de vos déclarations ont pu laisser les enseignants du département, et sans doute nombre de lecteurs du Parisien, songeurs :
  • « Je le répète, il n’y aura pas dans le Val-de-Marne de regroupements d’écoles et de collèges dans des établissements territoriaux des savoirs fondamentaux à la rentrée comme ils le dénoncent. » : Madame la Directrice académique, nous sommes peut-être un peu limités mais pas totalement idiots. Nous savons bien que rien n’est annoncé pour la rentrée prochaine ! Pourrez-vous citer une seule communication de l’intersyndicale et à défaut du SNUipp seul, où il est dit que des EPSF seraient institués sur le département à la rentrée prochaine ? Il n’y en a pas : BOBARD !
  • « Le texte prévoit que rien ne pourra se faire si l’une des parties y est opposée. Il faut une volonté conjointe de la communauté éducative, composée entre autres d’élus, et de la communauté pédagogique pour qu’un regroupement soit possible entre des écoles et un collège. » : le texte du projet de loi, adopté en première lecture, ne prévoit même pas la consultation des conseils d’écoles concernés !!! Quant à leur accord obligatoire sans lequel « rien ne pourrait se faire », cela relève pour l’instant de la science-fiction : FAKENEWS !
  • « Concernant les évaluations qui nous permettent d’adapter au plus près des besoins la pédagogie en fonction des publics » : tous les collègues de CP savent ce qu’il en est réellement de l’utilité concrète de ces évaluations dans leurs progressions de classe, le néant : INTOX !
  • Et enfin : « Quoi qu’il en soit, on attendra le texte définitif pour appliquer la loi dans le Val-de-Marne. » . La DSDEN n’appliquera pas des textes qui ne sont pas encore adoptés… Encore heureux ! Voilà une nouvelle intéressante : le département ne sera donc pas hors-la-loi !

Rappelons aussi les récentes élections professionnelles de décembre dernier : avec une hausse de 6 points de la participation, désormais majoritaire sur notre département (51,1% de votants malgré une journée en moins), les organisations syndicales membres de l’intersyndicale que vous incriminez dans votre interview représentent ensemble près des trois quarts des voix au scrutin de la CAPD (73,5%).

Nos organisations se positionnent par rapport à leurs adhérents et leurs mandats. Plutôt que de sembler accréditer les déclarations du cabinet du rectorat au site 94 Citoyens qui (tout en reprenant lui aussi la fable de l’accord obligatoire « des communes et des conseils d’école » concernant les EPSF) parlait carrément de « fake news d’organisations syndicales politisées », nous vous appelons Madame la DASEN à un véritable dialogue social respectueux avec les organisations syndicales.

Veuillez croire, Madame la directrice académique, en notre attachement à l’école publique et laïque, ainsi qu’à sa transformation pour qu’elle devienne enfin l’école de la réussite de tous les élèves.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Visiteurs connectés : 7


SNUipp-FSU 94, Maison départementale des Syndicats,
11/13 Rue des Archives, 94000 CRÉTEIL (M° Créteil Préfecture)

Téléphone : 01 49 56 97 10

CAPD (carrières et questions individuelles)
Emmanuelle Jollet : 06 30 84 20 25
Thierry Guintrand : 06 60 21 22 19
Julia Andres : 07 67 70 35 02

CTSD (carte scolaire et questions collectives)
Cyrille Micheletta : 06 34 60 15 83
Marion Fouret : 06 75 00 42 02
Dominique Angelini : 06 20 54 36 61
Claudia Faddeeff : 06 07 44 45 64

CHSCT (sécurité et conditions de travail)
Cécile Quinson : 06 26 30 36 09
Marie Plaza : 06 50 53 81 78

CAAS (commission académique d’action sociale)
Patrice Leguérinais : 06 10 13 74 31

AESH (commission départementale AESH)
Magalie Trarieux : 07 83 85 68 70

Courriel : snu94@snuipp.fr

La section est située au 5ème étage, bureau 518