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Quand le ministère demande à la hiérarchie de sortir de son "devoir de réserve" en faisant la promotion d’un projet de loi de la République En Marche !

GREVE NATIONALE EDUCATION Contre le projet de loi Blanquer : JEUDI 4 AVRIL

dimanche 31 mars 2019

Quand le ministère demande à la hiérarchie
de sortir de son "devoir de réserve" en faisant la promotion
d’un projet de loi de la République En Marche !

GREVE NATIONALE EDUCATION
Contre le projet de loi Blanquer
JEUDI 4 AVRIL

« Les valeurs et principes de la République fondent le pacte républicain garant de la cohésion nationale, en même temps qu’ils protègent la liberté de chaque citoyen. Les transmettre et les faire partager est une œuvre d’intégration républicaine ; ces valeurs et principes relient la France à la communauté des nations démocratiques, à l’échelle européenne comme à l’échelle mondiale. »
B-O du 26-07-2018

« Le Parlement détient le pouvoir législatif. Les députés et les sénateurs peuvent, comme le Premier ministre, proposer des lois. Ils discutent ces lois, déposent des amendements et votent les lois. »
Extrait d’un dossier pédagogique de cycle 3.

Compétence non acquise ! Ce serait le verdict si notre hiérarchie était évaluée sur le point « connaitre les institutions de la République » des programmes d’Éducation Morale et Civique.

En effet, cette semaine ont débuté les réunions en direction des direcrices-teurs, qui seront reçus en plusieurs vagues par Mme la Dasen, Mme l’IA adjointe et M. le Secrétaire général. Il leur a été rappelé les missions de « pilotage pédagogique », avec faut-il s’en étonner, une emphase particulière sur les évaluations nationales. Traduction : le rôle des directeurs est de vendre à leurs adjoints les orientations ministérielles, quand bien même celles-ci empiètent sur la liberté pédagogique et les prérogatives des enseignants (dont l’évaluation fait partie).

Le SNUipp-FSU dénonce ce "recadrage" des directeurs par la DASEN, bien que celui-ci n’ait malheureusement rien d’étonnant : elle répercute ici les consignes de la DRH du ministère, réclamant un tour de vis pour les enseignants « récalcitrants ».

Une hiérarchie auquel le ministère demande qu’elle sorte de son rôle

Plus inhabituel et beaucoup plus inquiétant, ces réunions ont donné lieu à un sauvetage en règle du projet de loi Blanquer, projet de loi dont l’examen n’a même pas débuté au Sénat !

Devant la fronde des enseignants qui s’est exprimée le 19 mars (avec des taux de grévistes que l’on n’avait pas vu pour un appel "interpro" depuis 2010) et la convergence avec les parents d’élèves dans la manifestation du 30 mars, le ministère et la REM ont tout tenté pour essayer d’éteindre le début d’incendie qui s’est déclenché dans les écoles.

Finies les fanfaronnades du ministre sur les soi-disant « 90% d’enseignants » qui soutiendraient sa politique, mais au contraire d’une part un rétropédalage en règle, de vagues promesses et des concessions de façade, de l’autre la menace de sanctions pour les enseignants refusant de rentrer dans le rang.

Des éléments de langage ont été diffusés dans les réseaux de la REM. La contre-offensive médiatique n’a pas tardé : article des « décodeurs » du « Monde » se délectant des approximations d’un tract écrit par une collègue et circulant sur les réseaux sociaux ; article du « Parisien » sur la maternelle, etc. Jusque désormais à notre hiérarchie, à qui l’on demande d’assurer le travail de conviction politique d’un projet de loi non voté... ce que l’on attendrait plutôt d’un parlementaire de la majorité !

Cette affaire dépasse évidemment la DSDEN du Val de Marne et révèle les directives qui émanent directement du ministère, comme en témoigne cette note transmise aux collègues par les IEN de l’Oise comportant tout l’arsenal argumentaire et autres éléments de langage pour défendre le projet de loi :

"Mesdames et messieurs les directrices et directeurs,
Mesdames et messieurs les enseignants chargés d’école,
Des informations erronées ou incomplètes circulent en ce moment autour de quelques sujets qui concernent directement notre Ecole.
Je vous remercie de prendre connaissance des éléments de compréhension joints qui portent sur :
  • L’instruction obligatoire à 3 ans ;
  • Les Etablissements Publics des Savoirs fondamentaux (EPSF) ;
  • L’évaluation des politiques éducatives ;
  • L’entrée progressive dans la carrière d’enseignant.

Vous voudrez bien utiliser ces éléments dans vos contacts avec les Elus et avec les Parents d’élèves qui vous interrogeraient sur ces thèmes.
Je vous remercie de votre active réaction.
L’IEN"

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Définitivement non ! Les enseignants ne seront pas les poupées ventriloques du ministre !

Le ministre montre ici la conception exotique qu’il a du rôle de l’administration républicaine : considérant que l’Etat doit fonctionner comme une entreprise dont la majorité serait l’actionnaire principal, le ministre-manager n’hésite pas à contraindre l’administration à sortir de son rôle, cadré rappelons-le par des lois votées et des décrets promulgués, pour participer à une campagne politique.

Ce débat politique autour du projet de loi Blanquer devrait être animé largement par les partis politiques, les syndicats, les associations de parents d’élèves... Pas par des hauts fonctionnaires, les premiers à qui devrait s’appliquer le fameux "devoir de réserve".

Loi Blanquer = école de la défiance

Ce management façon « start-up nation », cette mise au pas des services à des fins politiques, ne manquera pas de renforcer la défiance des personnels et plus largement la crise de légitimité que traversent les institutions, parfaitement illustrée par la mobilisation des « Gilets jaunes ».

Cette centralisation autoritaire dans les mains d’un ministre tout-puissant illustre parfaitement les raisons de la mobilisation actuelle des personnels contre la loi Blanquer, celle de "l’École de la défiance".

Celle-ci nous ferait franchir encore un cap dans cette direction, liquidant les instances d’évaluation du système scolaire avec la suppression du CNESCO (article 9), mettant au pas la formation des enseignants tout en supprimant le statut d’EFS au profit d’une multiplication des étudiants-contractuels (articles 10 à 13), tout en voulant museler la parole des enseignants (article 1)

Il ne tient qu’à nous que cela n’arrive pas !
TOUS EN GREVE LE 4 AVRIL
Limite pour renvoyer son intention de grève :
MARDI 2 avril à 8h du matin

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