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Une "cité éducative" au Mont-Mesly à Créteil ? RIS à Créteil, Lundi 26 novembre, 17h-20h, Maternelle Casalis

samedi 17 novembre 2018

Une « cité éducative » au Mont Mesly à Créteil ?
RIS à Créteil, Lundi 26 novembre, 17h-20h, Maternelle Casalis

Enseignants et parents d’élèves des groupes scolaires Paul Casalis et Albert Camus ont appris le 7 novembre dernier qu’un important projet de « cité éducative » était envisagé par la municipalité, en lieu et place des deux écoles actuelles. L’information est parvenue aux collègues par la presse et une réunion publique de quartier. Ni les collègues, ni les directeurs, ni même l’IEN n’ont fait l’objet d’une invitation particulière !

L’origine du projet remonte à plusieurs années : un projet de rénovation du quartier (dans le cadre de l’ANRU) prévoyait la reconstruction du groupe scolaire Camus et l’état désastreux de l’école maternelle Casalis imposait une importante rénovation. Un premier projet prévoyait la destruction-reconstruction du groupe Camus sur le site dit des « Emouleuses », à proximité du groupe Casalis.

Les enseignants avaient alors pointé le problème que poserait un tel projet du point de vue de la mixité scolaire : en effet, si les deux écoles sont REP, le secteur Camus bénéficie d’une certaine mixité sociale, même si l’école élémentaire souffre d’un important phénomène d’évitement dès le CP, alors que pour Casalis, la zone est composée uniquement d’habitat collectif et de logement social particulièrement défavorisé. La crainte était alors d’avoir face à face une école « mixte » neuve, et une école « ghetto » détériorée, renforçant la stigmatisation du quartier et de l’école.

La mairie de Créteil présente son projet de « cité éducative du Mont Mesly » comme une réponse à ce problème. Elle regrouperait plusieurs structures : un nouvel équipement socio-éducatif en lieu et place des actuelles MJC et Maison des solidarités, une crèche, la PMI, un EPAHD, un cinéma… Le groupe scolaire Camus et la maternelle Casalis seraient reconstruits et l’élémentaire Casalis rénovée, mais sur trois sites : une maternelle, une école regroupant les cycles 2 (CP à CE2) et l’autre les cycles 3 (CM1-CM2).

Le bâti des écoles fait partie des missions de la municipalité. Mais là où M Cathala outrepasse ses prérogatives, c’est quand il présente pour acquise cette idée “d’écoles de cycle”. Il avait même annoncé sa volonté que les 6èmes du collège Amédée Laplace soient sur le site des cycles 3, mais le principal du collège aurait d’ores et déjà décliné “l’invitation”...

Plutôt que de se précipiter en diffusant des informations tronquées et sans recueillir l’avis des premiers concernés (les collègues de Casalis et Camus), le SNUipp-FSU est donc allé recueillir leurs réactions, leurs ressentis et leurs inquiétudes.

Une absence totale de concertation de la part du maire de Créteil !

Ce qui ressort unanimement, c’est l’absence totale de concertation. Les collègues ont l’impression d’avoir été totalement ignorés, d’autant que la mairie propose une organisation pédagogique sur la base de regroupements par cycles très particulière.

Les collègues rencontrés pointent plusieurs problèmes : ils sont très sceptiques sur les conséquences à terme du regroupement par cycle, notamment pour ce qui est du pôle cycle 3 ; regrouper 8 ou 9 classes de C3 (plus d’éventuelles classes de 6ème !) ne risquerait-il pas de créer une sorte de « mini-collège » qui pourrait se transformer en cocotte-minute ? Les enseignants de REP savent bien que la mixité des âges joue un rôle régulateur qui permet de limiter les comportements problématiques qui commencent à se poser, du fait de l’entrée dans la préadolescence, de l’affirmation d’une identité de genre (les bandes de garçons...) qui favorise les comportements déviants par rapport à la norme scolaire. On retrouverait alors de façon détournée les problèmes que l’on cherchait justement à éviter… et le contournement à l’entrée du cycle 3 pour tout le secteur !

On peut également s’interroger sur la pertinence d’un tel regroupement à l’heure ou la politique de cycle a du plomb dans l’aile du fait de la politique éducative du gouvernement Blanquer (repères et progressions annuels etc.).

Comment la mairie gérerait-elle les contraintes spécifiques en terme de locaux imposées par le dispositif des CP/CE1 “à 12”, qui seraient donc tous regroupés sur un même site ? Le besoin en salles risque d’être énorme !

Par ailleurs, le projet vante l’aspect « intégré » de tous les acteurs éducatifs intervenant dans le quartier. L’intention est louable et intéressante dans son principe. Mais la juxtaposition de structures sur un même espace géographique ne signifie pas forcément travail en commun, surtout quand le projet n’a pas été construit en amont avec les équipes ! Or, les équipes enseignantes font face comme partout à l’explosion de leur temps de travail, injonctions, nouvelles tâches administratives et pédagogiques, bref le travail invisible, dépassant le cadre des 108h.

Enfin, quelle sera l’organisation administrative de ces écoles ? Le simple bon sens et la logique de "sites" séparés devrait déboucher sur une organisation comprenant minimum 3 écoles et 3 directions : une pour chaque site élémentaire (actuellement 12 classes à Casalis et 9 à Camus) et au moins une pour le site maternelle (actuellement 6 à Casalis et 5 à Camus). Mais les collègues n’en ont aucune certitude à l’heure actuelle. D’autant que les services de l’Education Nationale semblent avoir été mis eux aussi devant le fait accompli : dès le projet connu, le SNUipp-FSU a demandé une audience à l’IEN de la circonscription, qui nous a répondu avoir elle aussi appris ce projet par la presse...

Tout scénario qui accoucherait d’un monstre de 32 classes serait évidemment inacceptable !
La balle est désormais dans le camp de la DASEN !

Les collègues demandent le maintien de structures à échelle humaine, qui est également une condition importante pour permettre une cohérence dans le fonctionnement des équipes enseignantes, une prise en charge collective des problèmes qui se posent au quotidien. Toute structure unique, chapeautée par une direction unique regroupant tous les cycles et qui accoucherait d’un monstre de 32 classes, serait évidemment inacceptable !

Les collègues s’interrogent aussi sur le fait que certains scénarios n’aient pas été envisagés, comme le maintien de l’école Camus sur son site actuel. En raison de quelle opération immobilière ? Se dégage alors l’impression que des impératifs autres que pédagogiques ont conduit la réflexion de la municipalité : économies d’échelle quant aux interventions nécessaires sur le bâti scolaire ? Volonté de trouver du financement public et privé au travers d’un grand projet ? Affichage politique ?

Pour le SNUipp-FSU, s’il était nécessaire de planifier une rénovation ou une reconstruction des écoles Casalis et Camus, il est inadmissible qu’un maire pense pouvoir décider d’une organisation pédagogique qui impactera le travail des enseignants. Même si le souci de mixité sociale est tout à fait légitime et souhaitable, le projet est voué à l’échec s’ils ne se construit pas avec les personnels qui seront chargés de la faire fonctionner, en prenant en compte leurs avis, leurs pratiques et leurs besoins.

C’est désormais à la DASEN de reprendre la main : ce n’est pas au maire de Créteil d’annoncer telle ou telle organisation pédagogique pour ces futures écoles !

Pour en débattre avec tous les collègues de Créteil

RIS du SNUipp-FSU 94
le 26 novembre, de 17h à 20h,
école Maternelle Casalis.

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