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Compte-rendu d’audience avec l’IEN 19ème (Vitry 2)

mercredi 10 octobre 2018

Compte-rendu d’audience avec l’IEN 19ème (Vitry 2)

Une délégation du SNUipp-FSU a rencontré Mme Prince, IEN nouvellement nommée sur la 19ème circonscription VITRY II.

Nous avons fait état des remontées des collègues quant aux évaluations CP/CE1 : inadéquation vis à vis des programmes, mise en échec des élèves, stress engendré pour ces derniers, protocole de passation inadapté, etc...

Face à cette situation, de nombreux enseignants ont dû adapter les consignes, supprimer certains items problématiques, voire renoncer à faire passer les évaluations, quand d’autres ne feront pas remonter les résultats, refusant de se voir retirer une composante essentielle du métier : la conception et l’analyse des difficultés des élèves. Car c’est bien ce qui est en jeu ; l’enseignant comme concepteur ou comme simple exécutant de protocoles élaborés en amont.

De plus, les objectifs de ces évaluations sont des plus confus :

  • Évaluations diagnostiques pour les enseignants, pourtant déconnectées des pratiques de classe ?
  • Outils de "pilotage" ?
  • Évaluations-bilan pour les parents ?
  • Tests cognitifs ?
  • Outil d’imposition de pratiques pédagogiques à l’instar des ajustements de programme et du livre orange sur la lecture ?
  • "Contrôle-qualité" pour fixer la paye au mérite des enseignant... ?
Devant le constat que ces évaluations ne constituent pas un outil pertinent, le SNUipp- FSU a pris ses responsabilités et a appelé les collègues à s’approprier ces évaluations selon leurs besoin et ceux de leurs élèves et en tout état de cause, de ne pas saisir les résultats.

Le SNUipp-FSU a saisi la CNIL pour avoir des garanties quant à l’utilisation des données collectées (sur un site Amazon en Irlande !!!)

Nous avons rappelé à Mme l’IEN qu’en ne faisant pas passer en l’état des évaluations aussi problématiques, les enseignants faisaient preuve de professionnalisme faisant passer l’intérêt de leurs élèves avant les injonctions ministérielles, et qu’à se titre, aucune pression ne devait s’exercer sur eux.

Mme l’IEN reconnait avoir eu de nombreux retours de collègues allant dans le même sens car elle est allée à la rencontre des équipes de CP à la rentrée. Elle affirme vouloir faire remonter les difficultés rencontrées par les équipes et les élèves dont elle est consciente. Elle affirme n’avoir aucune consigne allant dans le sens d’une évaluation des personnels en lien avec les résultats de ces évaluations, ni l’intention d’exercer des pressions sur les enseignants que ce soit par des injonctions ou par le biais de rendez- vous de carrière. Elle invite les enseignants à faire remonter les résultats pour juger sur pièces les retours qui seront faits et affirme qu’elle pourra ainsi s’appuyer sur les résultats éventuels pour montrer les aspects problématiques de ces évaluations.

Le SNUipp-FSU maintient ses revendications : moratoires sur ces évaluations, mise à libre disposition des collègues. La mise à disposition d’outils et d’aide à l’évaluation n’implique en rien des évaluations standardisées et centralisées comme c’est le cas actuellement. Les enseignants doivent être libre de choisir leurs outils.

Le SNUipp-FSU soutiendra tous les collègues qui ont fait le choix de ne pas faire passer la totalité ou une partie de ces évaluation, on ne pas en faire remonter les résultats.

Nous avons ensuite évoqué les recommandations ministérielles concernant les APC qui devraient être recentrées sur la maîtrise de la langue et la lecture. Nous avons rappelé que le décret définissant le cadre des APC n’ayant pas été modifié, les organisations mises en place par les écoles n’avaient aucune raison d’être mises en cause. Nous avons aussi rappelé le caractère non obligatoire des différents tableaux (APC, organisation des 108 heures etc.), qui sont bien souvent vécus comme des contrôles tâtillons, alors même que le temps de travail des PE explose allégrement le cadre étriqué des 108 heures.

Mme l’IEN a reconnu la prévalence du décret mais a indiqué que la mise en place d’activités autour des pratiques de lecture était un axe intéressant, et que par ailleurs, nombre de projets déjà existants pouvaient s’y rattacher. Elle pense important que l’IEN soit au courant des projets mis en place dans les écoles, y compris autour des APC. Elle indique qu’il est important pour elle de connaître les organisations des écoles pour des raisons de sécurité liées à Vigipirate. Elle a affirmé que les documents transmis pouvaient être une aide à l’organisation dans les écoles, dans le cadre d’une harmonisation dans la gestion avec la 4ème circonscription, mais qu’elle avait toute confiance dans le travail des enseignants et qu’il n’y avait aucune volonté de "flicage" de sa part.

Pour le SNUipp-FSU, si les pratiques de lecture ont tout à fait leur place dans le cadre des APC, si l’IEN doit être informé des modalités d’organisations (horaires et jours de prise en charge des élèves) il est important de rappeler que le contenu des ces activités relève du conseil des maîtres, en fonction de la réalité des écoles.

Néanmoins, nous ne sommes pas dupe de l’efficacité pédagogique du dispositif des APC, qui est encore présenté comme un moyen de lutter contre la difficulté scolaire, mais dans lequel le ministère "pioche" des heures pour pour faire passer la pilule du travail supplémentaire engendré par la saisie évaluations nationales !

Le SNUipp-FSU continue de revendiquer l’abandon des APC et la réappropriation de ces 36h par les équipes !

Nous avons fait le bilan de la rentrée avec le nouveau système de remplacement, catastrophique de notre point de vue : bugs du logiciel de gestion, remplacements non assurés alors que des BD attendaient des affectations dans les écoles voisines, communication difficile voire impossible avec les services etc. Selon nous, la gestion au niveau du département aura pour conséquence la perte de la connaissance du terrain que pouvaient avoir les secrétaires de circonscriptions comme les remplaçants quand existait une stabilité de l’équipe (comme c’était le cas sur la 19ème circonscription), et contribuera à rendre ces postes moins attractifs pour des collègues expérimentés. Par ailleurs, la continuité pédagogique et l’organisation des écoles sont mises à mal quand, même pour une absence prévue on ignore jusqu’au dernier moment si un remplaçant sera affecté ou non.
Mme l’IEN reconnait l’existence de difficultés en cette rentrée, et indique sa volonté de participer au groupe de travail qui sera mis en place au niveau départemental sur cette question.

Pour le SNUipp-FSU, le nouveau système de gestion dégrade encore un peu plus la situation des écoles. C’est bien le nombre de remplaçants qui est insuffisant pour faire face aux besoins, malgré les 35 postes créés pour cette rentrée. Il faut créer les postes nécessaires et revenir à une gestion plus souple, plus proche des réalités du terrain et en définitive plus efficace au niveau de la circonscription.

Enfin nous avons fait un bilan du retour des rumeurs calomnieuses vis à vis de l’école publique et laïque, accusée d’enseigner la masturbation à l’école et autres absurdités, propagées à la rentrée via les réseaux sociaux, et dont l’origine se situe à l’extrême droite et dans certains réseaux religieux intégristes. Heureusement, le constat est que l’impact fut assez limité, car le fait que les familles se tournent en premier lieu vers les enseignants et l’école pour avoir des explications permet encore de désamorcer les situations dans la plupart des cas.

Néanmoins, la persistance de telles rumeurs n’est pas à prendre à la légère et le discours de l’institution sur le sujet doit être clair tout en soutenant les enseignants les plus à même d’entrer dans le dialogue.

Mme l’IEN partage ce constat, a indiqué avoir évoqué le sujet en réunion de directeur et être aux côté des enseignants en cas de besoin.

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