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Déclaration préalable du SNUipp 94 au CTSD du 6 septembre 2018

vendredi 7 septembre 2018

Déclaration préalable du SNUipp 94 au CTSD du 6 septembre 2018

Malgré les demandes insistantes de la FSU au CSE (Conseil supérieur de l’Éducation), la modification des programmes inscrite à l’ordre du jour de la séance du 12 juillet a été maintenue, entraînant le départ de la FSU, UNSA, CGT, FO, Solidaires, le SGL, l’UNEF et la FCPE. Malgré les promesses de M. Blanquer à son arrivée rue de Grenelle de ne pas toucher aux programmes, il s’agit bien d’un changement de paradigme et non de simples ajustements qui sont imposés aux enseignants dès la rentrée sans concertation et sans bilan partagé par la profession de la mise en place des précédents programmes… vieux de 2 ans !

La même logique verticale prévaut pour imposer les “bonnes pratiques” censées constituer des recettes magiques. On assiste donc au retour des évaluations nationales standardisées, mais promettant cette fois-ci d’élaborer un profil et de proposer des remédiations individualisées. Cela dépossède les enseignants du travail d’analyse et d’adaptation aux objectifs nationaux, selon leurs choix pédagogiques singuliers. Le ministère laisse aussi entendre, à travers les vidéos de présentation en ligne sur Eduscol, qu’elles pourraient se substituer à la richesse du travail collectif des enseignants avec les RASED. Différenciation et remédiation ne remplaceront jamais le travail d’adaptation et de rééducation assuré par des enseignants spécialisés en nombre suffisant.

Pour le SNUipp-FSU les enseignants sont des experts et non des exécutants ! Par ailleurs, nous nous opposerons fermement à toute mise en concurrence des écoles et à tout pilotage par les résultats de ces évaluations !

Nombre de chiffons rouges auront été agités pendant ces vacances. Un rapport de deux parlementaires LR et REM préconisant la fusion des directions de maternelle et élémentaire, sous l’égide du proviseur de collège, avec à la clef un statut, un recrutement particulier, a été salué par le ministre qui s’est déclaré “ouvert aux expérimentations”. En juin, à l’Assemblée, le ministre parlait d’« anomalie » pour expliquer que « le directeur d’école primaire n’est pas dans la même situation statutaire et administrative que le chef d’établissement du second degré ».

Véritable serpent de mer qui resurgit régulièrement, cette réforme ne permettra pas d’améliorer l’école, sauf dans les fantasmes des politiques qui s’imaginent que les enseignants ont besoin d’être “pilotés”, “managés” pour faire leur travail efficacement. Par ailleurs, nous pensons qu’il est important que les directeurs ne soient pas déconnectés des réalités du métier. Au SNUipp nous pensons que ce dont les écoles ont besoin, c’est de temps pour travailler en équipe et de formation.

A ce titre, nous le réaffirmons une fois de plus, il est inacceptable que le dédoublement des CP ait conduit à balayer un dispositif comme le PDMQDC qui commençait à produire des dynamiques pédagogiques en s’appuyant sur le travail enseignant réellement existant !

L’annonce de la “prime au mérite” en REP+ va malheureusement dans le même sens : mise en concurrence des personnels au nom d’une idéologie utilitariste. Ce n’est qu’une confirmation de plus que ce gouvernement entend poursuivre l’application des méthodes du “New Public Management” avec 20 ans de retard sur les pays anglo-saxons, alors même que ces derniers sont en train de faire machine arrière face aux effets néfastes engendrés. Un tel aveuglement idéologique pourrait sembler paradoxal de la part d’un ministre se revendiquant du pragmatisme.

Ce fut aussi le cas avec les recommandations sur la lecture, ignorant superbement les conclusions des évaluations PIRLs sur les difficultés spécifiques concernant la compréhension de texte en France : on ignore les conclusions des études et comparaisons internationales lorsqu’elles ne confirment pas les a priori du ministère.

Depuis le début des opérations de carte scolaire, le SNUipp-FSU a alerté sur l’équation impossible entre le nombre de postes alloués au département, le dédoublement des classes de CP en REP et de CE1 en REP+, la nécessité d’augmenter le nombre de remplaçants et les nécessaires ouvertures de classe en raison de la démographie... En cette rentrée, nos craintes sont encore malheureusement fondées !

En éducation prioritaire comme en zone banale, les moyennes d’élèves par classe sont remontées partout pour atteindre et dépasser les seuils départementaux, déjà bien trop élevés pour permettre des apprentissages et un climat sereins (30 en maternelle !)... Très très au-dessus de ce que l’on peut constater dans les pays « bons élèves aux évaluations internationales » !

La maternelle est particulièrement touchée :
  • que les écoles soient au dessus du repère départemental comme à Paul Vaillant Couturier à Champigny, Cotton à Ivry et la Fosse rouge à Sucy en Brie,
  • ou quelques décimales en dessous comme à Romain Rolland à Champigny, Dolet à Alfortville, Albert Thomas à Champigny, Barbara et Blancs Bouleaux à Fresnes, Paul Doumer au Perreux, Léo Lagrange à Créteil et Kergomard à La Queue en Brie…

Force est de constater que la scolarisation des moins de 3 ans est totalement mise de côté : si tous les pôles ont été maintenu pour cette rentrée, il n’y a aucune création de TPS et l’augmentation générale des effectifs à la limite des seuils ne permettra plus de scolarisation hors pôle.

Loin de la communication ministérielle qui continue à alimenter la presse avec l’expression “CP à 12”, les “CP dédoublés” sont particulièrement chargés, comme à Thorez à Champigny, Paul Bert à Chevilly, voire ils explosent comme à Mandela à Choisy.

Cette équation impossible a conduit l’administration à s’asseoir sur le fonctionnement des instances et les droits et les conditions des personnels, au détriment d’une préparation sereine de la rentrée et de l’accueil des élèves : vous voudrez donc bien faire preuve d’indulgence pour toutes ces écoles, qui plutôt que de préparer la rentrée en musique, auront employé ces précieuses heures à refaire leurs structures et répartitions ou à réaménager leurs classes...

Parmi les nombreuses situations qui nous sont remontées, notons :
  • La maternelle Wallon à Valenton a eu une ouverture annoncée au CTSD de juin, annulée hors instance (les services de l’éducation nationale ont contacté la municipalité durant l’été pour signifier que l’ouverture n’aurait pas lieu), puis rétablie à deux jours de la rentrée… La structure a donc été travaillée sur 10 classes… mais l’ouverture a été confirmée fin août.
  • Des enseignants ballotés d’une classe à l’autre, voire d’une commune à une autre : élémentaire cité Verte à Sucy-en-Brie, maternelle Cotton à Ivry, Mandela élémentaire à Choisy... Une collègue, affectée à se demande au KB, a été envoyée à l’autre bout du département deux jours après la rentrée alors qu’elle avait eu une affectation au second mouvement en juin !

Quelle joie de s’être préparé pendant les vacances à enseigner dans un CP dédoublé, avoir consciencieusement digéré les 130 pages du « petit livre orange » et les « ajustements de programmes », pour se voir affecté en CM2 lors de la journée de prérentrée ! Sans doute est-ce l’application sur le terrain du slogan de notre ministre : « l’école de la confiance »...

Pour le SNUipp-FSU, enseigner ne peut pas se faire n’importe comment ni dans n’importe quelles conditions. N’en déplaise à certains, une bonne partie des congés scolaires des enseignants est utilisée pour préparer, se documenter, programmer, réfléchir… L’école française n’arrivera pas à surmonter les inégalités scolaires et l’enjeu de démocratisation dans ces conditions.

Nous comprenons la difficulté des services à gérer la complexité induite par les décisions nationales (CP 100% réussite), et départementales (suppression du régime départemental des décharges de directions que le SNUipp continue de dénoncer). Pour autant, il n’est pas acceptable que les collègues paient le prix de ces erreurs. Nous vous demandons donc d’accéder aux demandes légitimes des collègues qui vous été remontées lors des audiences. Les groupes de travail avec les élus du personnel que vous avez choisi de supprimer auraient pourtant pu permettre de mettre à jour ces problèmes plus tôt et de les régler avant la rentrée scolaire, et ce dans l’intérêt de tous : administration, enseignants, élèves.

De même, votre insistance à centraliser la gestion du remplacement suite à la fusion des deux types de remplacement malgré tous les arguments avancés par le SNUipp-FSU, le Snudi-FO et la CGT Educ’action, au nom d’une circulaire nationale… Là encore, force est de constater que c’est très loin d’être une réussite !!! Pendant que les nouveaux “BD” patientent en salle des maîtres, des dizaines d’élèves ont fait leur rentrée… sans enseignants !

Les enseignants sont très inquiets au vu de la situation : comment allez- vous conduire les dédoublement de CE1 si l’augmentation démographique se maintient, voire s’intensifie ? Les maternelles du département, même avec des seuils extrêmement élevés de 30 élèves par classe ne seront pas pressurables à l’infini. D’autant que cette année encore, ce sont plus de 300 postes non pourvus qui seront occupés par des contractuels, voire rendus au ministère. Les annonces notamment ministérielles dans l’Education de réductions Nationale dessineraient donc un avenir bien sombre si les enseignants ne s’en mêlaient pas !

Ils en auront pourtant l’occasion du 29 novembre au 6 décembre, lors des prochaines élections professionnelles. La hausse du taux de participation, qui avait beaucoup baissé à l’occasion de la disparition du vote à l’urne dans les écoles, sera un premier message envoyé au gouvernement sur le fait que les collègues sont décidés à ne pas rester muets face aux attaques dont ils sont la cible, à la fois en tant qu’enseignants et fonctionnaires. Le renforcement de la FSU et du SNUipp, le syndicat majoritaire de toute la profession, sera un deuxième message clair envoyé à tous ceux qui voudraient s’en prendre à nos droits et à notre école publique et laïque : pour obtenir une réduction des effectifs, renforcer le pouvoir d’agir des enseignants, exiger une vraie médecine de prévention, revoir le temps de travail, reconstruire une véritable formation continue, revaloriser les salaires et la profession...

Pour que professionnellement, nous puissions enfin sortir la tête de l’eau !

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