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Carte scolaire : déclaration du SNUipp-FSU

lundi 19 mars 2012

Suite aux arbitrages rendus par les DASEN à l’issue des CTSD et des CDEN, il nous est possible, aujourd’hui, de dresser un panorama des conditions de préparation de la rentrée prochaine. Les chiffres collectés par le SNUipp-FSU, font clairement apparaître un solde entre ouvertures et fermetures de classes largement négatif. Pour l’heure, nous comptabilisons la disparition de 1407 classes. Force est de constater que l’engagement présidentiel de maintenir à la rentrée 2012 le même nombre de classes qu’en 2011 n’est pour l’instant pas tenu !

D’autre part, ces projets de carte scolaire confirment nos inquiétudes quant à la quasi-disparition des RASED avec la suppression de 1 949 postes d’enseignants spécialisés. Ils annoncent un changement important de leurs missions : sédentarisation dans les seules écoles RAR ou ECLAIR, réduction du réseau à un « pôle » rattaché à la circonscription, pilotage de l’aide personnalisée, « conseils » aux enseignants, sans intervention directe auprès des élèves. Ces décisions conduisent à un véritable gâchis de personnels qualifiés, à une perte de compétences et de savoir-faire professionnels.Le ministère considère que la mise en oeuvre de l’aide personnalisée a vocation à se substituer aux RASED allant jusqu’à chiffrer les heures d’AP en ETP d’aides spécialisées. Le SNUipp-FSU dénonce cette manipulation. Les enseignants à travers une enquête menée par le SNUipp-FSU, les parents, jusqu’à l’Inspection générale qui l’a clairement exprimé dès 2009 : ces aides ne sont pas du tout de même nature. La difficulté scolaire est complexe et multiforme. L’école a besoin de tous les professionnels spécialisés, pour croiser les regards et assurer l’accompagnement des élèves afin d’enrayer l’échec scolaire.

Ces suppressions s’ajoutent aux 2 500 emplois de RASED déjà effacés entre 2008 et 2011. En 5 ans, ce sera donc près d’un tiers de l’effectif total des RASED, essentiellement des maîtres E et G, qui aura disparu des écoles. Comment prétendre dans ces conditions lutter contre l’échec scolaire ?

S’y ajoutent la suppression de 846 postes de remplaçants, 100 de maîtres formateurs en charge de l’accompagnement des enseignants stagiaires, 143 conseillers pédagogiques et 460 postes de soutien en éducation prioritaire.

Ces nouvelles coupes claires sont inacceptables et dévastatrices pour l’Ecole d’autant qu’elles s’additionnent aux précédentes suppressions subies depuis plusieurs années, Nous demandons le retrait des suppressions de postes pour la rentrée 2012. L’obsession du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux aura fait des ravages. Voilà bien, une politique à courte vue car le coût social de l’échec scolaire lui restera toujours trop élevé.

Sur le terrain, les enseignants qui s’engagent pour aider tous les élèves à réussir sont exaspérés. Notre école primaire a besoin de confiance. Celle-ci a été trop souvent dénigrée comme si elle portait à elle seule les causes des difficultés actuelles.

Les enseignants ont besoin d’être fiers de leur métier. On leur avait même fait des promesses : mieux payés, mieux formés, et mieux reconnus. C’est la douche froide. Les revalorisations des premiers échelons laissent sur le bord de la route les ¾ des enseignants qui subissent même une baisse de leur salaire net. De l’avis de tous, la formation initiale a été sacrifiée. Sa remise à plat est une urgence. Les formations continue et spécialisée ont été réduites à la portion congrue. A cela s’ajoute, une pression nouvelle sur les enseignants dont on surveille le comptage de leurs heures et dont leur métier se résumerait dorénavant à appliquer des techniques ou autres protocoles sous le contrôle d’indicateurs douteux ou d’un manager.

Sur tous ces points, Monsieur le ministre, vous faites fausse route. Confiance et fierté, indispensables pour faire avancer l’école ne se trouvent pas dans ces orientations. Il est grand temps de changer de cap et de transformer concrètement l’école. Nous avons besoin de retrouver de la sérénité, mais aussi une politique d’investissement. Il faut aussi prendre appui sur l’expertise des enseignants en leur donnant les moyens et le temps de faire du travail de qualité. C’est une urgence pour tous les élèves de ce pays.

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