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Déclaration du SNUipp-FSU au CTSD du 7 février 2012

mardi 7 février 2012

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Ce premier CTSD est exceptionnel par la saignée sans précédent que subit l’Education Nationale : 14 000 suppressions de postes pour la rentrée scolaire prochaine après celles intervenues les années précédentes.

En effet, depuis 2002, l’Education Nationale paie un lourd tribu aux économies budgétaires imposées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), et dont le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’est qu’une des applications les plus visibles.

Cela se traduit, pour notre département, par la restitution de 49 postes alors que près de 1000 élèves supplémentaires sont attendus.

Or, nous savons, qu’avec une telle enveloppe vide, ce ne seront pas 49 postes qui seront fermés, puisque pour permettre les ouvertures nécessaires, vous avez d’ores et déjà, envisagé de supprimer 127 postes.

C’est un tournant historique qui va aboutir à une véritable asphyxie de l’école !

Jamais, l’avenir des élèves n’avait à ce point été sacrifié.

Nous ne pouvons accepter de telles mesures qui touchent prioritairement les élèves les plus fragiles, ceux des ZEP, qui vont conduire à un recul de la scolarisation en maternelle des enfants de moins de trois ans, particulièrement dans les endroits les plus sensibles et surtout dans les Zones d’Education Prioritaire, comme à l’école maternelle Anatole France à Vitry, qui ne sera plus en mesure de scolariser des enfants de moins de trois ans comme c’était le cas depuis des années, alors même que cette mesure figure dans le Code de l’Education et que toutes les recherches attestent de l’effet bénéfique de cette scolarisation précoce pour l’apprentissage de la lecture.

S’agissant des RASED, c’est l’os même qui est attaqué en achevant la destruction engagée en 2009 qui avait déjà vu la suppression de 81.postes (50 postes E, 8 postes G, 23 surnuméraires). Aujourd’hui, ce sont 49 postes que vous fermez : 14 postes G, 19 postes E et 16 CLAD.

Lors du groupe de travail du 27 janvier, vous avez annoncé retenir comme critères, les postes vacants et les départs en retraite.

Or, ce n’est pas le cas puisque vous supprimez des postes d’enseignants titulaires du diplôme et nommés à titre définitif comme, pour ne prendre que quelques exemples, à l’Ecole Maurice Thorez de Champigny, la collègue qui occupe la CLAD est à TD depuis plus de 20 ans sur l’école,

Vous supprimez aussi les postes E à l’Ecole Anatole France à Champigny et l’Ecole Les Planètes à Maisons Alfort, des 2 stagiaires CAPA-SH que vous avez fait partir en formation cette année et qui, une fois leur diplôme obtenu, ne trouveront pas de poste spécialisé correspondant à leur option, puisque vous fermez 19 postes E.

Cette décision est totalement incompréhensible !

C’est un gâchis pour les élèves, pour les personnels mais aussi pour l’institution elle-même.

Afficher l’ambition de résoudre la difficulté scolaire et fermer les postes spécialisés est incompréhensible et inacceptable, tant pour les parents que pour les enseignants.

Sans parler des postes de soutien lecture, créés à l’occasion du plan de lutte contre l’illettrisme.

Est-ce à dire que les élèves ne rencontrent plus de difficultés ?

Est-ce à dire que le travail de ces enseignants est nié ?

C’est à l’opposé des constats dressés par les IEN qui attestent que le dispositif a prouvé son efficacité en particulier pour éviter les maintiens

Nous ne pouvons que nous opposer résolument à de telles mesures qui sacrifient nos élèves.

Les très nombreuses audiences d’écoles qui ont eu lieu, et qui vont avoir lieu après cette séance, témoignent de la colère des enseignants et des parents.

Tous les rapports récents font état d’un sous investissement chronique pour l’école primaire en France.

La rhétorique gouvernementale ne parvient pas à masquer un double langage : afficher avec emphase l’objectif de la réduction de l’échec scolaire tout en détruisant les moyens pour y parvenir, accentuant les inégalités et creusant les écarts entre les « élus » (ceux qui ont trouvé la panoplie d’élèves au pied de leur berceau) et les autres. Et, une fois de plus, ce sont les élèves des quartiers populaires, ceux qui ne disposent pas des codes scolaires et qui ont le plus besoin de l’école pour réussir, qui vont payer le prix des économies budgétaires.

En faisant disparaître tous les leviers susceptibles de favoriser la réussite de tous les élèves (Maternelle, RASED, éducation prioritaire, effectifs par classe, mais aussi la formation initiale, conséquence de la réforme de la mastérisation que nous avons combattue et dont nous continuons de demander le retrait.) l’Etat choisit d’aggraver cette situation. Il ne rendra pas l’école plus juste ni plus efficace. Il tendra, au contraire, à accentuer les inégalités.

Car nul ne peut accepter que la réussite des enfants soit ainsi menacée et que l’avenir de la jeunesse soit sacrifié au nom de la réduction des déficits publics.

Nous vous demandons, solennellement, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de revenir sur ces fermetures et de porter auprès du Ministre l’abandon de ces décisions destructrices pour l’avenir de l’école et de ses élèves.

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